Saint Joseph ou le mystère de la paternité ?

28 janvier 2018

Le Seigneur a réuni en Joseph, comme dans un soleil, tout ce que les saints ont ensemble de lumière et de splendeur.
Saint Grégoire de Naziance

Si vous tapez « saint Joseph » sous Google, vous trouverez sous ce nom quantité de lycées, domaines, chapelles, hôpitaux, écoles, collèges, commune, Crus des côtes-du-Rhône, institutions, agence d’assurance, EPHAD c’en est assez stupéfiant lorsqu’on songe que dans les évangiles Joseph reste un grand silencieux, un juste silencieux (dans les deux sens du termes).

Beaucoup de saints et de saintes ont vénéré saint Joseph. Je nommerais en premier lieu la « grande Thérèse », qui en faisait beaucoup de pub, pour employer notre vocabulaire contemporain :
« Il m’a toujours exaucée au-delà de mes prières et de mes espérances... Je faisais célébrer sa fête avec toute la solennité dont j’étais capable... Je voudrais porter tout le monde à la dévotion envers ce glorieux Saint tant j’ai d’expérience de son crédit auprès de Dieu. »
Ou saint Bernard :
« Il y a des saints qui ont le pouvoir de protéger dans certaines circonstances, mais il a été accordé à Saint Joseph de secourir dans toutes espèces de nécessités, et de défendre tous ceux qui recourent à lui avec des sentiments de piété. »

Et je vous dirais que ma belle-mère était bien d’accord avec tous ces dires…ce qui me faisait beaucoup sourire à l’époque. Mais le soleil était au rendez-vous lorsque nous nous retrouvions en famille pour le déjeuner du dimanche, même si le matin même la pluie s’était invitée ! (et ce n’est pas une blague).
J’avoue que saint Joseph fût longtemps pour moi un mystère silencieux, effectivement : le santon de la crèche, inévitablement présent avec Jésus et Marie. Celui qui suit Dieu à travers ce qui lui est dit en songe (Evangile de saint Mathieu, chapitre 1 et 2. ). Une interrogation silencieuse, un éternel second...


Et puis, petit à petit, sans bruit, il s’est rendu plus présent…

Il existe une religieuse dont on parle peu, Marie de la Trinité (1903-1980), qui a des écrits très profonds sur Joseph, sur sa mission.
Sans doute ne découvrons-nous qu’à peine en ce début du XXIe siècle cet homme si humble et enfoncé en Dieu, comme le bulbe de ce Lys qu’il tient si souvent en main sur les statues le représentant. Dans le livre « Le silence de Joseph », Marie de la trinité nous dévoile la vocation particulière, pour l’Eglise et pour les hommes, de ce grand saint de l’Eglise, et comment elle-même s’y reconnaît. Dans un monde où faire du bruit pour se faire entendre et reconnaître est devenu mode de vie, la découverte de ces écrits est une pause réunifiante au milieu de la grande métropole planétaire. La vocation de saint Joseph n’est certainement pas réservée aux grands silencieux et priants, il me semble que nous avons chacun à apprendre de saint Joseph une chose difficile au vu de notre éducation actuelle : la dépossession et la désappropriation.

Pour découvrir quelques généralités concernant ce grand saint, voici un article de l’Eglise catholique « Saint Joseph, le père adoptif de Jésus. »


Il se trouve que par Providence je suis tombée dernièrement sur une série de trois conférences données à Puimisson (lieu de la Famille Saint-JosephInstitut Redemptoris Custos ) en septembre 2017 (vidéo KTo TV).
A une époque où le père est plutôt un absent - même s’il est présent physiquement – et à une époque où le lien de filiation n’apparaît plus nettement, ni si important que ça finalement, peut-être faut-il s’arrêter un peu en silence, justement, et écouter ce que l’Esprit dit aux églises… 

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Pour terminer, prions saint Joseph,

pour notre famille :
Très saint Joseph,
par cette sollicitude pleine d’amour
avec laquelle vous vous êtes occupé en ce monde de Jésus et de Marie,
daignez veiller sur notre existence jusqu’à notre dernière heure.

pour l’Eglise :
Nous recourons à vous dans notre tri­bulation, ô Bienheureux Joseph : et, après avoir imploré le secours de votre sainte Epouse, nous sollicitons aussi avec confiance votre patronage. Par l’affection qui vous a uni à la Vierge Immaculée, Mère de Dieu ; par l’amour paternel, dont vous avez entouré l’Enfant Jésus, nous vous supplions de regarder, avec bonté, l’héritage que Jésus-Christ a conquis au prix de son sang, et de nous assister de votre puis­sance et de votre secours, dans nos besoins. Protégez, ô très sage gardien de la divine Famille, la race élue de Jésus­-Christ. Préservez-nous, ô Père très aimant, de toute souillure d’erreur et de corruption, soyez-nous favorable, ô notre très puissant libérateur. Du haut du ciel, assistez-nous dans le combat que nous livrons à la puissance des ténè­bres ; et de même que vous avez arraché autrefois l’Enfant Jésus au péril de la mort, défendez aujourd’hui la Sainte Eglise de Dieu, des embûches de l’ennemi et de toute adversité. Couvrez chacun de nous de votre perpétuelle pro­tection, afin que, à votre exemple, et soutenus par votre secours, nous puis­sions vivre saintement, pieusement mourir, et obtenir la béatitude éternelle. Ainsi soit-il.